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Titre
Yakuza 2
Editeur
SEGA
Développeur
SEGA Amusement Vision
Genre
Aventure / Action
Multi
Non
Divers
60Hz, 16/9, Japonais sous-titré anglais
17/20
 

 
  
Par de nombreux aspects, la série Yakuza est la plus ambitieuse production de SEGA depuis l'arrêt prématuré de la Dreamcast au début de l'année 2001. Développé par Amusement Vision - sous la houlette de Toshihiro Nagoshi (Daytona USA) - Yakuza présente forcément quelques similitudes avec Shenmue, la saga maudite de SEGA. L'univers du jeu est cependant plus resserré et l'ambiance nettement moins propice à la contemplation. Avec sa caméra en vue troisième personne légèrement éloignée, le joueur ne plonge pas de la même manière dans l'univers de Yakuza et même si l'ambiance est immersive, il y a comme une légère distance. En ce sens, on est ici plus proche de l'expérience d'un RPG japonais. La structure du jeu elle-même est très proche d'un jeu d'aventure injecté d'une bonne dose de beat'em all à l'ancienne façon Streets Of Rage. Et si ce cocktail est la paternité de Yu Suzuki, Yakuza l'exploite en mettant une grosse emphase sur la partie combats de rue. C'est très certainement l'une de ses meilleures idées d'ailleurs.

Autrefois extrêmement populaire sur consoles 8 et 16-bit, le beat'em all a largement sombré dans les oubliettes du temps depuis l'avènement de la 3D. Je parle ici des beat orientés brawling où il s'agit de latter du méchant en utilisant principalement ses poings et ses pieds. Difficile en effet de se remémorer un titre marquant dans le genre et ce même si on remonte à 1994/95. On peut citer le premier Fighting Force sur PlayStation et c'est un peu près tout. Dans ce contexte-là, Yakuza procure un vrai plaisir surtout à ceux qui ont longuement botter les fesses des thugs de Double Dragon ou Final Fight. D'autant plus que l'impact physique des combats est excellemment rendu et arrive à procurer l'inertie caractéristique des contacts physiques tout en apportant une bonne dose de spectaculaire via les séquences en mode Heat. On a vraiment l'impression en jouant que Nagoshi a voulu rendre hommage à ces légendes du street brawling et ce faisant, il fait distiller à Yakuza une sorte de douce nostalgie. J'ai toujours trouvé que Shenmue était à sa manière un chant d'amour pour les années 80 et les promesses qu'elles portaient quant à l'avenir du média. Yakuza évoque quelque chose de similaire, même si moins associable à une époque précise, mais simplement une sorte de langueur envers une période où les jeux vidéo étaient plus simples, plus bad ass, à l'image du héros Kazuma Kiryu.

Même s'ils elles se déroulent à l'échelle de plusieurs villes nippones, les deux épisodes de Yakuza ne sont pas des free roamer mais proposent au contraire une progression linéaire et une structure old school. Ce sont des titres très éloignés conceptuellement des jeux vidéo actuels, ils sont rigides dans leur déroulement qui s'articule toujours plus ou moins selon un schéma identique répété du début à la fin du jeu et laissent finalement très peu de latitude à des joueurs de plus en plus habitués à avoir une liberté maximale dans leurs environnements de jeu. Enoncé de la sorte, on peut considérer que c'est un défaut rédhibitoire. Pourtant, Yakuza fonctionne parfaitement. Il est même terriblement addictif : on identifie immédiatement les actions à entreprendre, sa logique interne est parfaitement compréhensible, il est plaisant à manipuler et il est extrêmement dépaysant pour un joueur occidental. C'est d'ailleurs encore plus vrai pour le second épisode qui propose les voix originales japonaises et non pas le doublage américain du premier. Ce dernier était certes de qualité mais totalement hors de propos : entendre des gangsters tokyoïtes parler américain à quelque chose de profondément bizarre.

Yakuza se découpe en chapitres qui présentent les différentes facette du scénario et qui sont découpés de manière immuable : exposition des faits via une cinématique utilisant le moteur ingame, tandis que les phases d'exploration et de collecte d'informations sont entrecoupées de combats et que le chapitre se termine souvent par un boss. Au sein de chaque chapitre, le joueur peut toutefois s'accorder un peu de temps libre en musardant dans le quartier à la recherche de quêtes annexes et/ou de mini-jeux ou encore en récoltant différents items. L'addition de ces éléments simples découle sur une expérience de jeu finalement sophistiquée, d'autant plus que l'histoire est captivante à suivre de bout en bout. La mise en scène constitue d'ailleurs l'autre point fort du titre et il faut admettre - malgré ses moyens réduits - que Yakuza n'est pas très loin d'un Metal Gear Solid sur ce point. Très cinématographique, le jeu évoque clairement tout un cinéma de genre typiquement japonais (le yakuza eiga ou film de yakuza) qui a été également expérimenté par des réalisateurs occidentaux comme Ridley Scott (Black Rain en 1989) ou Sidney Pollack (The Yakuza en 1975).

Production vraiment à part dans la configuration actuelle de SEGA qui d'un côté adapte à tour de bras ses licences historiques et de l'autre édite des jeux occidentaux intéressants mais très éloignés de sa philosophie initiale (Condemned, Viking), Yakuza est un aperçu de la grandeur passée de ce qui fut l'un des plus grands développeurs de l'histoire, si ce n'est le plus grand. C'est donc une série qu'il convient de ne rater sous aucun prétexte.

Manu, le 22/09/2008.







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