La série Persona est un spin-off
de la saga Shin Megami Tensei (MegaTen pour les intimes). Démarée
sur PlayStation puis sur PlayStation 2, seul Persona 3 et Persona 3 : FES ont
vu le jour en Europe. La particularité de la série Persona, c’est
de reprendre l’univers et les codes de MegaTen et de les inclure dans
un contexte plus léger.
Persona 4, comme le troisième, se
déroule dans un lycée japonais dans lequel un groupe d’éléves
va tenter de découvrir si les programmes de la chaine de télé
Midnight Channel diffusés les soirs de pluie ne sont pas liés
aux mystérieux meurtres qui sévissent dans la petite ville d’Inaba.
Les élèves vont peu à peu découvrir leur Personas
(une projection de leur moi inconscient) et vont être en mesure de lutter
contre les Shadows qui infestent le monde parallèle. Celui-ci est accessible
en pénétrant dans un écran de télévision
uniquement durant les nuits pluvieuses. Comme Tartarus dans Persona 3, les donjons
sont générés aléatoirement ce qui rend leur exploration
très complexe dans la mesure où il faut tâcher à
chaque incursion dans le monde parallèle d’aller plus avant.
Là encore comme Persona 3, et plus
généralement comme les jeux issus de la série MegaTen,
Persona 4 est un titre difficile et exigeant. Dès le début de
l’aventure, l’exploration du donjon nécessite de la préparation
et de la stratégie et surtout de garder la tête froide pour éviter
de foncer bêtement au combat. Le système de combat étant
pour sa part difficilement compréhensible pour ceux qui ne pratiquent
pas assidûment les J-RPG.
Afin de mettre toutes les chances de son
côté, le joueur doit accorder une importance toute particulière
aux relations sociales durant la journée que ça soit à
l’école ou à l’extérieur. Ainsi, un suivi régulier
des cours permet de renforcer différentes aptitudes sans compter que
le comportement en classe a des répercussions sur la perception des autres.
En dialoguants fréquemment avec les autres lycéens et en adhérant
à des clubs (sports, bricolage, etc.), on renforce ses liens sociaux
avec les autres ce qui a un impact direct durant les combats. Il est également
nécessaire de prendre part à des quêtes annexes afin là
encore de renforcer ses compétences. En somme, Persona 4 est un titre
qui nécessite un véritable investissement de la part du joueur.
Il n’est absolument pas possible de l’aborder comme ça, en
passant. La compréhension du système de fusion des Personas à
lui-seul nécessite un tube d’aspirine et un dictionnaire de physique
quantique (bon j’exagère un peu !).
Si la structure générale, l’esthétique
et l’ambiance sont assez proche du troisième opus, Persona 4 apporte
son lot de nouveautés. La plus importante, c’est la possibilité
de contrôler chaque membre de son équipe durant les combats et de
ne plus laisser ses trois coéquipiers en contrôle à l’IA.
Cela permet une bien plus grande lattitude dans les phases d’action. Le
titre gère également la météo ce qui a une importance
fondamentale puisque les incursions dans le donjon ne sont possibles que les jours
de pluie. Il faut donc consulter les prévisions météos afin
de savoir quel jour il va pleuvoir et pouvoir ainsi se préparer. Pour le
reste, il est toujours possible de visiter quelques lieux de la ville d’Inaba
en plus du lycée Yasogami. La carte n’est pas très grande
mais propose tout ce qu’il faut pour les équipées nocturnes
(objets, armes, etc.).
Persona 4 est un jeu fabuleusement riche
et surtout unique dans ses choix esthétiques. Avoir de tels titres en
Europe est une vraie chance pour les joueurs désireux de sortir des sentiers
battus ou lassés des sempiternels FPS et autres jeux d’action.
Pourtant, il ne faut pas se leurrer ce n’est pas un jeu appréhendable
par tout le monde. Sa difficulté et les subtilités de son système
de jeu nécessitent un investissement. Mais ceux qui sont prêts
à tenter l’aventure vont découvrir un petit bijou d’originalité
en cette période où la mode est aux productions réalistes.
Il serait donc malpoli de renoncer à un tel cadeau.
Manu, le 19/03/2009