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Titre
The Saboteur
Editeur
Electronic Arts
Développeur
Pandemic
Genre
Action
Multi
Non
Divers
720p - Dolby Digital Plus 5.1 - VF intégrale, VO non disponible. Support Trophées.
15/20
 

 
  

Dernier bébé du studio Pandemic avant sa malheureuse fermeture définitive, The Saboteur revisite la Seconde Guerre Mondiale façon Mercenaries en saupoudrant le tout d’une bonne dose d’ambiance film d’aventure.

The Saboteur narre les aventures de l’irlandais Sean Devlin dans le Paris occupé de la Seconde Guerre Mondiale. Pilote de courses automobiles de son état, il prend part à la Résistance en grande partie pour des raisons personnelles que le joueur découvrira au grès d’un scénario sympathique mais pas forcément très bien dialogué. On a souvent l’impression d’être au milieu d’un film d’action de série B à base de phrases choc « Steven Seagalienne ». Bien que le jeu véhicule un charme certain, surtout auprès des amateurs de cinéma de genre, ce traitement l’empêche de se hisser au niveau de productions aux ambitions plus culturelles comme le récent Assassin’s Creed 2.

Car contrairement au monde ouvert du jeu d’Ubisoft qui revendique une certaine authenticité et tisse son récit au milieu de personnages et de lieux historiques, The Saboteur traite le second conflit mondial de manière stylisée sans se soucier d’une quelconque exactitude. En plus de son esthétique noir et blanc éclaboussé de touches de couleurs à la manière de La Liste De Schindler, le jeu ne se focalise jamais sur l’idéologie nazie. Tout au plus a-t-on l’impression d’évoluer dans une ville soumise à une dictature militaire musclée. Les croix gammées, tout comme la philosophie raciale déglinguée des nazis pourtant omniprésentes dans le Paris occupé, sont complètement gommés. The Saboteur utilise donc le contexte avec une certaine distance et c’est finalement un choix avisé de la part de Pandemic car cela permet de se concentrer sur une ambiance aventure qui n’est pas sans rappeler les démêlés d’Indiana Jones avec les aryens.

The Saboteur est une compilation de la plupart des jeux ouverts qui existent. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Les objectifs des missions principales ou annexes sont d’ailleurs similaires en matière d’enjeux. On y trouve pêle-mêle du Grand Theft Auto, du Assassin’s Creed et surtout beaucoup de Mercenaries, précédente production de Pandemic et influence la plus évidente. Concrètement cela signifie que le jeu fait beaucoup de promesses notamment en termes d’infiltration alors que non seulement ce n’est pas nécessaire, mais en plus c’est quasi-impossible de s’infiltrer à cause d’une gestion de l’IA défaillante. Les ennemis sont doués de sens tellement aiguisés que si l’on tue un soldat allemand dans une ruelle sombre et isolée, on est repéré comme par magie par une patrouille qui se trouve deux rues plus loin. Et c’est absolument systématique. Tant que l’on reste dans la zone de recherche (symbolisée par un gros cercle rouge sur le radar) on peut monter sur un toit ou emprunter des rues désertes peu importe les allemands savent toujours où l’on se trouve !

En soi, c’est donc un défaut mais ceux qui recherchent dans The Saboteur une nouvelle itération de Mercenaries ne seront absolument pas déçus car c’est exactement ce qu’il est. En effet, impossible d’utiliser le terme « subtil » pour qualifier les aventures de Jennifer Mui et de Matthias Nilsson. Et on peut tirer la même conclusion concernant Sean Devlin. Il s’agit d’action, toujours plus d’action et de beaucoup d’explosions. A la manière de Michael Bay, Pandemic semble avoir un amour immodéré pour les choses qui explosent dans tous les sens.

Le découpage de The Saboteur s’articule entre des missions principales qui font progresser le scénario et une tonne de missions annexes pas très originales mais toujours réjouissantes d’un point de vue pyrotechnique. La principale nouveauté face aux missions types d’autres jeux du genre réside dans les courses de voitures qui ponctuent l’aventure. Dommage que la maniabilité, très correcte, manque de sensations dans ces moments-là. Par rapport à Mercenaries, Sean peut escalader à peu près n’importe quel bâtiment, si la verticalité que cela induit est toujours intéressante pour le joueur, elle n’est jamais vraiment exploitée par des mécaniques profondes. D’une part, parce que le héros n’a pas la grâce féline d’Ezio ou d’Altaïr et d’autre part parce qu’évoluer sur les hauteurs ne donne jamais de réels avantages tactiques.

Malgré les nombreuses limitations de sa proposition de jeu (infiltration défaillante, IA bionique), The Saboteur s’apprécie comme un jeu d’action un peu potache. On peut presque parler d’une suite non avouée de Mercenaries 2. Pour les fans ou pour les joueurs à la recherche d’une grosse action qui tâche, The Saboteur est une vraie source de plaisir, une nouvelle occasion d’enchaîner les « boom » et les « kaboom » dans un univers esthétique particulièrement réussi (notamment le glissement du noir et blanc vers la couleur en cas de libération de zone) et une histoire qui sait se faire apprécier. En revanche, ceux qui recherchent un titre profond et sophistiqué passeront leur chemin en direction d’Ezio et de l’Italie. Sans jamais inventer de gameplay original et novateur, Pandemic savait pourtant jeter le joueur dans un immense bac à sable à base d’explosions et de fun décomplexé, leur formule manquera assurément.

Manu, le 03/12/2009.







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