Il y a les bons chasseurs et…
Aussi surprenante, voir sacrilège, qu’elle puisse paraître, cette approche se révèle particulièrement efficace, d’autant que Crystal Dynamics soigne la présentation. Au-delà du rendu visuel extrêmement impressionnant offrant parfois des paysages à couper le souffle, c’est avant tout l’immersion qui surprend. Il n’y a quasiment aucune interface, tout juste un réticule de visée lorsque vous dégainez votre arc ou une autre arme. Et bien que l’on puisse consulter une carte ou faire appel à son sens de l’orientation (une sorte de sonar), les zones sont conçues de telle sorte que l’on puisse se repérer et suivre des pistes simplement en observant l’environnement (cours d’eau, tâches de sang, etc.). Comme dans les précédents opus du studio, il y a un réel effort pour intégrer naturellement les puzzles et les mécaniques de combat à l’environnement, notamment en s’appuyant sur la physique (matière inflammables, éléments destructibles, masse). Enfin, certains passages profitent d’une mise en scène très appuyée qui confine à l’expérience cinématographique. Ils sont dans les faits bien moins nombreux qu’on pourrait le supposer et génèrent du coup une réelle tension, comme lorsque l’on se retrouve la jambe prise dans un piège à ours en pleine nuit, et que des loups approchent.
Renaissance d’une légende ?
Car s’il y a bien une chose à retenir de ce premier contact, c’est que Tomb Raider suscite des émotions fortes, que l’on s’attache à cette Lara, que l’on partage sa vulnérabilité, sa paranoïa, ses frayeurs, sa colère, ses réflexions. Inévitablement, Crystal Dynamic prend le risque de s’aliéner les fans de longue date qui espéraient retrouver leur Indiana Jones au féminin. Pourtant, cette nouvelle réinterprétation plus dure, plus crue, se montre terriblement attirante, assez même pour faire revenir ceux qui avaient rompue Lara, il y a quelques années de cela.
Preview réalisée Frédéric Dufresne.