Sans retour
Cependant, l’expérience est littéralement transcendée par son écriture. S’inspirant, comme Apocalype Now, du roman Au cœur des ténèbres, The Line nous plonge progressivement dans l’enfer de la guerre, nous noie dans la folie. Incapable de clairement discerner les motivations des factions qui se disputent la ville, on développe rapidement un sentiment de paranoïa. A qui doit-on faire confiance ? Pourquoi se retrouve-t-on à tuer d’autres soldats américains ? Et plus on creuse, moins on comprend. Les lignes se brouillent et lorsque le jeu nous met face à des choix cornéliens dépourvus de "bonnes" réponses, c’est pour mieux nous bousculer, pour préparer le terrain avant de nous coller une claque monumentale. Oh, ne vous attendez pas à du spectaculaire, à entendre raisonner les violons. Yager a l’intelligence de rester sobre, de ne pas se perdre en discours moralisateurs, de ne pas marteler de messages, le studio laisse votre sens moral faire le boulot.
Deux visages
Evidemment, ceux qui ont tendance à conserver un certain recul n’y verront rien de plus qu’un TPS distrayant dans une période chiche en sorties. Son mode multijoueur propose des variations sur trois modes de jeu (match à mort, match à mort en équipe et réalisation d’objectifs) ainsi qu’un système d’évolution des personnages permettant des débloquer des classes (5), des spécialisations ainsi qu’un arsenal complet. Mais pour ceux qui réussiront à se projeter dans la tête du capitaine Walker, ceux qui le suivront jusqu’au fond du terrier et creuseront pour exhumer les différentes fins, ceux-là profiteront d’une expérience unique, marquante, d’un aperçu de ce que peut donner le jeu vidéo lorsqu’il sort des sentiers battus. Et pour cela, il mérite toute votre attention.
Test réalisé par Frédéric Dufresne.