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Titre
Spec Ops The Line
Editeur
2K Games
Développeur
Yager
Genre
TPS
Multi
Oui (12 joueurs max)
Divers

17/20
 

Spec Ops n’est pas juste un jeu, c’est une expérience. Cela peut sembler pompeux, exagéré, sentencieux et pourtant, on ressort du jeu de Yager hébété, souillé, avec l’envie de ne plus toucher le moindre shooter avant un bon moment. La claque est d’autant plus puissante qu’elle vient d’un titre à priori anodin.

Sous la plage, les pavés

De prime abord, Spec Ops se présente comme un jeu de tir à la troisième personne relativement conventionnel. Notre preux trio de Delta américains s’enfonce dans un Dubaï ensablé où les ennemis ne tardent pas à se manifester. Mise à couvert, ordres simples à ses deux équipiers, arsenal complet à ramasser sur les victimes… Rien ne manque et les sensations de tir sont plutôt bonnes avec de "sympathiques" ralentis lorsque l’on place un tir en pleine tête. De plus, la variété est au rendez-vous tout au long de l’aventure. Ici, on peut briser des vitres pour que le sable retenu engloutisse les ennemis ou qu’ils chutent dans le vide. Là, il faudra manœuvrer en pleine tempête avec une visibilité encore plus réduite que durant les phases nocturnes. Tantôt on combat dans des intérieurs étriqués, tantôt dans des extérieurs favorisant les contournements, tantôt sur les toits par fusil de sniper interposés. Même les "promenades" en hélicoptères ou en camion répondent présent. Rien de bien surprenant mais le résultat demeure efficace malgré la réalisation inégale. Un bon petit TPS en somme.





Sans retour

Cependant, l’expérience est littéralement transcendée par son écriture. S’inspirant, comme Apocalype Now, du roman Au cœur des ténèbres, The Line nous plonge progressivement dans l’enfer de la guerre, nous noie dans la folie. Incapable de clairement discerner les motivations des factions qui se disputent la ville, on développe rapidement un sentiment de paranoïa. A qui doit-on faire confiance ? Pourquoi se retrouve-t-on à tuer d’autres soldats américains ? Et plus on creuse, moins on comprend. Les lignes se brouillent et lorsque le jeu nous met face à des choix cornéliens dépourvus de "bonnes" réponses, c’est pour mieux nous bousculer, pour préparer le terrain avant de nous coller une claque monumentale. Oh, ne vous attendez pas à du spectaculaire, à entendre raisonner les violons. Yager a l’intelligence de rester sobre, de ne pas se perdre en discours moralisateurs, de ne pas marteler de messages, le studio laisse votre sens moral faire le boulot.

Deux visages

Evidemment, ceux qui ont tendance à conserver un certain recul n’y verront rien de plus qu’un TPS distrayant dans une période chiche en sorties. Son mode multijoueur propose des variations sur trois modes de jeu (match à mort, match à mort en équipe et réalisation d’objectifs) ainsi qu’un système d’évolution des personnages permettant des débloquer des classes (5), des spécialisations ainsi qu’un arsenal complet. Mais pour ceux qui réussiront à se projeter dans la tête du capitaine Walker, ceux qui le suivront jusqu’au fond du terrier et creuseront pour exhumer les différentes fins, ceux-là profiteront d’une expérience unique, marquante, d’un aperçu de ce que peut donner le jeu vidéo lorsqu’il sort des sentiers battus. Et pour cela, il mérite toute votre attention.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.





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